Amar Ould Hamouda (Ɛmar At Ḥemuda), né en 1923 à Tassaft Ouguemoun, assassiné en 1956, était un militant nationaliste algérien. Il est particulièrement connu pour avoir été dans les années 1940 l'un des leaders du mouvement dit "berbèriste" qui, au sein du mouvement nationaliste algérien, milita pour une « Algérie algérienne ».
==Biographie==
Amar Ould Hamoudal est originaire du village de Tassaft Ouguemoun dans l'actuelle commune d'[[Iboudraren]] en [[Kabylie]]. Il est le cousin ainé du [[colonel Amirouche]]. Élève de l’École normale de [[Bouzaréah]], il a étudié aussi à [[Boufarik]], [[Miliana]] et [[Ben Aknoun]] où il faisait partie du "''Groupe du lycée de Ben-Aknoun''" avec [[Hocine Aït Ahmed]], Saïd Chibane, Omar Oussedik, [[Mohand Idir Aït Amrane]] et [[Ouali Bennaï]]<ref>Ali Guenoun : ''Chronologie du mouvement berbère 1945-1990'', un combat et des hommes, CASBAH Éditions</ref>.
Après son échec au baccalauréat, il opte pour l’activité militante au sein du [[Parti du peuple algérien|PPA]] où il milita pour une [[Algérie]] algérienne authentique dès [[1942]].
Militant de l’organisation secrète (OS), il est désigné responsable pour la [[kabylie]]. Membre de l’état-major de l’OS, il est désigné candidat à [[Michelet (Algérie)|Michelet]] (Ain-El-Hammam) aux élections de l’assemblée algérienne d’[[avril]] [[1948]].
Déçu de l'orientation idéologique arabo-musulmane exclusive que le mouvement nationaliste imprégnait pour son combat, il tenta vainement d'intégrer la dimension [[Berbères|berbère]] à cette cause. Il fut l'un des artisans de la crise berbériste de [[1949]]{{refnec}}. Numéro deux du mouvement berbère, il est arrêté dans un [[tramway]] à [[Alger]] au [[printemps]] [[1949]] lors de la « crise berbériste »{{refnec}}.
Incarcéré à la prison de [[Blida]], il est torturé mais n’avouera pas son appartenance à l’OS. Alors qu’il est encore en prison, il est exclu du parti pour ses positions « berbéristes ». Il décide de revendiquer en 1950, face à la police, ses responsabilités et ses actions au sein de l’OS{{Refnec}}. Libéré, il trouve un emploi de voyageur de commerce (Maison Jonathan) à Alger avec Bachir Boumaza et M’Barek Ait Menguellat.
Après le déclenchement de la [[révolution algérienne]], il est taxé de [[Messali Hadj|messaliste]]. {{Refnec|Montré du doigt comme l'ensemble de ses amis, il fut assassiné par l'Armée de Libération Nationale ([[Armée de libération nationale (Algérie)|ALN]]) en [[1956]], après une mascarade de procès par les responsables [[Front de libération nationale (Algérie)|FLN]] de Kabylie, au village d'Ait-Ouabane (At-Waɛvan) dans l'actuelle commune d'[[Akbil]] dans la [[wilaya de Tizi-Ouzou]] en Kabylie}}. Sa tombe n'a toujours pas été retrouvée, tout comme celle de son compagnon d'infortune [[M’Barek Ait Menguellat]]<ref>Said Sadi, Amirouche : une vie, deux morts, un testament. Une histoire algérienne, éd. L'Harmattan, 2010, (ISBN 978-2-296-12450-9)</ref>.
Après l’ouverture démocratique de [[1988]], une association culturelle portant son nom (''"Tidukla Tadelsant Amar At Hamuda"'') fut créée en [[1989]] dont la lutte pour sa réhabilitation a été un objectif majeur pour l'ensemble de ses adhérents, et même pour tous les habitants du village Tassaft.